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Baver en dormant : pourquoi et comment arrêter

baver en dormant

Baver pendant le sommeil, ce n’est pas très glamour, on vous l’accorde. Pourtant, c’est un phénomène naturel très courant. Et à dire vrai, la plupart du temps, c’est plutôt bon signe : cela signifie que vous avez dormi très profondément et que vous avez donc profité d’une nuit vraiment réparatrice ! Mais dans certains cas, il est toutefois judicieux de consulter. Explications.

Saliver : à quoi ça sert ?

On a tous tendance à saliver devant notre plat préféré. Mais dans le fond, connaît-on vraiment la salive ? Ce mélange d’eau, de protéines, d’électrolytes et de sels minéraux est produit par les glandes salivaires principales et celles situées sous la muqueuse, et il est indispensable :

  • Pour digérer les aliments : en se mélangeant aux aliments tandis que nous mâchons, elle crée le bol alimentaire, et les enzymes digestives qu’elle contient jouent un rôle essentiel dans la digestion ;
  • Pour lubrifier la bouche et nous permettre non seulement de déglutir, mais aussi de nous exprimer ;
  • Pour réguler l’acidité dans la bouche et assurer une bonne santé bucco-dentaire.

La production de salive peut varier de 500 à 1200 ml par jour d’un individu à l’autre. Elle varie aussi en fonction de nombreux autres critères. Vous seriez-vous douté que nous salivions plus l’hiver que l’été ? En outre, la sécrétion durant les repas est dix fois supérieure à celle produite au repos, la production de salive est bien plus importante lorsque nous sommes debout ou allongés que lorsque nous sommes assis, et elle chute radicalement durant le sommeil !

Pourquoi je bave la nuit en dormant ?

Au cours de la nuit, l’activité de l’organisme diminue. Le tonus musculaire baisse, en particulier au cours du sommeil profond et du sommeil paradoxal. Et bien que la production de salive baisse, elle ne cesse pas tout à fait. En revanche, la déglutition cesse. Et même si notre bouche ne contient pas une très grande quantité de salive, il faut bien l’évacuer… ce qui se fait alors sur l’oreiller, ou sur le thorax ! 

Le fait de baver en dormant est à la fois lié au manque de tonus dû à un sommeil profond et à l’effet de la gravité : ainsi, si vous dormez sur le côté ou sur le ventre, vous avez beaucoup plus de chances de baver que si vous dormez sur le dos.

Des sinus bloqués augmentent le risque de baver en dormant, car la respiration se fait alors par la bouche. Les rhinites allergiques et le rhume des foins provoquent ainsi des congestions nasales passagères. Les femmes enceintes sont également parfois sujettes à un rétrécissement des voies respiratoires, ce qui les incite à dormir la bouche ouverte et donc à ronfler… ou à baver !

Baver en dormant : est-ce signe de maladie ?

Baver en dormant est le plus souvent interprété comme un signe de bonne santé et plus particulièrement d’un sommeil de qualité. Ce point de vue est à nuancer un peu : on a tendance à baver en dormant lors d’un endormissement inopiné, par exemple dans les transports en commun, ou encore durant une longue nuit de sommeil, qui suit une journée extrêmement fatigante ou une nuit blanche… En d’autres termes, lorsque l’on est en manque de sommeil et que notre corps « compense » en tâchant de se rattraper par un sommeil plus profond !

Toutefois, il demeure judicieux de prêter attention à ce phénomène. Baver en dormant n’est pas toujours anodin, en particulier lorsque ça s’accompagne d’autres signes, notamment les ronflements.

Chez la femme enceinte, le fait de baver pendant son sommeil et de ronfler résulte de la prise de poids et de la distension de son abdomen. Il est donc recommandé de surveiller l’alimentation, afin que la prise de poids ne soit pas excessive. Le risque d’apnée du sommeil est en effet accru et, avec lui, le risque d’une mauvaise oxygénation de la future maman et de son bébé. Il est donc utile d’en parler au gynécologue ou à la sage-femme, car une visite chez un médecin du sommeil peut se révéler indispensable. 

Rare chez les enfants, l’apnée du sommeil est un trouble du sommeil susceptible de toucher les adultes, en particulier ceux qui présentent certains facteurs susceptibles d’aggraver les risques tels que le surpoids, le tabagisme, des anomalies faciales ou ORL comme une déviation de la cloison nasale. Cette pathologie se manifeste par des troubles respiratoires : des pauses pouvant durer jusqu’à 30 secondes. L’apnée du sommeil touche davantage les hommes que les femmes, et elle devient plus commune avec l’âge, puisqu’elle concerne 30,5% des plus de 65 ans. 

Baver en dormant de manière chronique peut aussi être un symptôme d’un trouble du sommeil courant, aussi bien chez les enfants que chez les adultes : le bruxisme, qui se manifeste par des mouvements de la mâchoire inférieure produisant des grincements de dents et par le fait de serrer la mâchoire de façon excessive. À moyen terme, il peut conduire à des problèmes dentaires. Ainsi, lorsque le fait de baver s’accompagne d’un sommeil de mauvaise qualité et de ronflements, il est conseillé d’en parler à son médecin traitant.

Il est fréquent de baver en dormant en cas d’hypersalivation – ou sialorrhée, ce qui se traduit par une quantité importante de salive dans la bouche, éventuellement accompagnée de difficultés à avaler. Elle peut se manifester la nuit comme la journée, au repos ou après un repas. 

Si la salivation excessive est survenue après une affection dentelle ou buccale, comme une carie ou des aphtes, elle sera vraisemblablement passagère. Elle survient peut toutefois être signe d’une autre pathologie : reflux gastro-oesophagien, mononucléose infectieuse ou intoxication médicamenteuse. 

Je bave en dormant : que faire ?

À moins que le fait de baver en dormant soit lié à une pathologie, il n’y a à vrai dire aucune raison de s’en faire. C’est un phénomène naturel, et le meilleur moyen de profiter pleinement d’une bonne nuit de sommeil est d’accepter que le corps se laisse aller. Beaucoup de spécialistes recommandent même de dormir nu pour mieux récupérer. 

Toutefois, si cela vous embarrasse, sachez que l’un des moyens les plus efficaces de limiter les risques  est toutefois de s’endormir sur le dos… et de le rester ! D’ailleurs, si vous avez pour habitude de dormir sur le ventre ou sur le côté, cela pourrait aussi être un soulagement pour vos articulations !

Si vous respirez par la bouche, l’irrigation et le nettoyage des sinus avant le coucher permettent de bénéficier d’une respiration nasale optimale et de limiter la respiration buccale. En cas d’allergie – et suivant sa sévérité –, il peut en revanche être préférable d’opter pour un traitement adapté.