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Cauchemar chez l’enfant : pourquoi et comment réagir ?

Le cauchemar est un rêve effrayant, voire angoissant. On le classe parmi les troubles du sommeil chez l’enfant, car il cause des réveils nocturnes. Ces réveils brutaux s’accompagnent fréquemment de cris et de pleurs. Les cauchemars sont plus fréquents chez les enfants de 2 à 8 ans, car ils sont liés à l’évolution du sommeil de l’enfant ainsi qu’à son développement psychologique. Dans la plupart des cas, il n’y a aucune raison de s’en inquiéter.

Pourquoi votre enfant fait-il des cauchemars ?

Le cauchemar est le plus commun des troubles du sommeil de l’enfant. Sa cause exacte peut-être difficile à identifier, car plusieurs raisons sont susceptibles d’être à l’origine de ces « mauvais rêves ».

De la naissance à l’âge de six ans, le sommeil de l’enfant évolue considérablement. Durant ses premières semaines de vie, un bébé alterne simplement les phases de sommeil agité (sommeil paradoxal) et de sommeil calme (sommeil lent).

Vers l’âge de 3 mois, le cycle de sommeil s’allonge, se composant de 3 phases :

  • Le sommeil paradoxal ;
  • Le sommeil lent léger ;
  • Le sommeil lent profond.

Puis, à partir de 3 ans, il adopte un cycle de sommeil comparable à celui des grands, composé de 4 phases :

  • Le sommeil lent léger ;
  • Le sommeil lent profond ;
  • Le sommeil lent très profond ;
  • Le sommeil paradoxal.

Durant la phase de sommeil paradoxal, le cerveau a une activité aussi intense que durant les phases d’éveil de l’enfant.

Le sommeil du bébé conserve des zones d’ombres : ainsi, nous ignorons si les phases de sommeil paradoxal des tout-petits s’accompagnent d’une imagerie mentale. Dès l’âge de 1 an, certains enfants évoquent des rêves, mais c’est le plus souvent à partir de l’âge de 2 ans que les cauchemars apparaissent.

Les cauchemars sont intimement liés au développement psychologique de l’enfant. Au quotidien, son apprentissage est ponctué de moments inquiétants et d’instants d’incompréhensions. La peur de l’inconnu, un changement dans ses habitudes peuvent se manifester par des cauchemars, une soupape lui permettant d’exprimer ses angoisses.

Si un enfant est sensible aux événements marquants réels, comme l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur, l’adaptation à une nouvelle classe ou un déménagement, il est aussi sensible à l’imagerie. Il est donc indispensable de choisir avec soin les histoires que vous lui racontez, et de faire attention à ce qu’il peut entendre et voir dans les médias.

Pour un enfant, grandir passe enfin par la découverte de l’interdit. Confronté aux règles aussi bien dans le cadre familial qu’à l’école, il peut ressentir de la frustration. Au cours de son évolution, il est partagé entre l’impatience et la peur de grandir. Pour un enfant, le fait de faire des cauchemars constitue l’expression de la frustration et de ses conflits intérieurs.

Il est à noter enfin que certains traitements médicamenteux peuvent affecter le système nerveux de l’enfant, et ces perturbations augmentent la fréquence des cauchemars.

Les cauchemars de l’enfant : un phénomène qui varie en fonction de l’âge

Les phases de sommeil paradoxal constituent 50 à 60% du temps de sommeil total d’un nouveau-né. De 2 à 5 ans, il s’abaisse à 30 à 35% du temps de sommeil, et un enfant de 5 à 13 ans ne rêve plus que pendant 20 à 25% de son temps de sommeil. L’évolution naturelle du cycle de sommeil des enfants explique en partie que la fréquence des cauchemars diminue au fil du temps.

Les mauvais rêves étant liés aussi au développement psychologique de l’enfant, on constate des cauchemars récurrents en fonction de l’âge :

  • Vers l’âge de 2 ans : la peur d’être mangé ou attaqué :
  • De 3 à 5 ans : la peur des animaux méchants et des monstres ;
  • De 6 à 12 ans : des individus menaçants et de bêtes étranges.

À partir de 13 ans, le scénario des cauchemars exprime davantage les craintes conscientes ou inconscientes liées à l’adolescence : peur du ridicule ou du rejet, découragement et manque d’estime de soi. Ils peuvent en outre constituer un signe de dépression.

Terreurs nocturnes et cauchemars : quelles différences ?

Les cauchemars sont fréquemment confondus à tort avec les terreurs nocturnes. Les cauchemars surviennent généralement en fin de nuit. Ils s’accompagnent d’un éveil spontané, parfois de pleurs et de cris, l’enfant réclamant ses parents. À son réveil, un enfant qui a fait un cauchemar se souvient le plus souvent de ce mauvais rêve.

Les terreurs nocturnes surviennent en revanche beaucoup plus tôt dans la nuit – généralement durant les 2 à 3 premières heures de sommeil. L’enfant manifeste une réelle panique, au point de hurler. Ce type de crise est particulièrement impressionnante, car l’enfant a les yeux grand ouverts, ce qui donne l’impression qu’il fait un cauchemar éveillé. Pourtant, il est bel et bien endormi, et il ne reconnaît pas ses parents. Il est  recommandé de ne pas le réveiller, d’autant qu’il ne se souviendra pas de cet épisode au réveil.

Cauchemars

Terreurs nocturnes

Durant la seconde moitié de la nuit, pendant la phase de sommeil paradoxal.

Durant la première moitié de la nuit, pendant une phase de sommeil profond.

L’enfant est réveillé ou facile à réveiller, il se souvient de son rêve.

L’enfant paraît réveillé, mais il ne l’est pas. Il ne souvient de rien au réveil.

L’enfant réclame et reconnaît ses parents, il a peur et il veut être consolé.

L’enfant ne reconnaît pas ses parents et repousse tout contact physique.

Pleurs, sueur, tremblements survenant après le réveil.

Cris, pleurs, transpiration, accélération du rythme cardiaque et agitation psychomotrice pendant la crise.

La peur rend le rendormissement difficile.

Rendormissement facile à la fin de la crise.

En dépit de leur nom, les terreurs nocturnes peuvent se manifester durant la sieste de l’enfant

Chez l’enfant de moins de 5 ans, les terreurs nocturnes sont souvent confondues avec le réveil confusionnel. Au cours de ces crises, l’enfant grogne et s’agite en cherchant à sortir de son lit, repoussant la personne qui tente de le consoler. Lors de ces accès pouvant durer plusieurs minutes, l’enfant semble éveillé, alors qu’en réalité, il dort profondément.

Votre enfant fait des cauchemars : comment l’aider ?

Pour un enfant qui fait un mauvais rêve, il est courant de crier et de pleurer en se réveillant. Les cauchemars causent le plus souvent des éveils aussi brutaux pour les parents et pour la fratrie. Bien que ces réveils nocturnes nuisent à la qualité du sommeil de toute la famille, il est capital de faire preuve de patience. Si un enfant qui fait un cauchemar réclame ses parents, ce n’est pas un caprice, mais une manifestation de réelle anxiété.

L’attitude à adopter lorsque votre enfant fait un cauchemar dépend en grande partie de son âge. Un enfant de 4 ans qui fait un cauchemar n’est pas en mesure de faire la différence entre la réalité et ce mauvais rêve. Les cauchemars des enfants de 3 ans impliquant fréquemment un monstre, il est indispensable de les rassurer :

  • Faites lui raconter son rêve ;
  • Manifester votre approbation envers ses réactions ;
  • Si nécessaire, prenez le temps d’inspecter sa chambre.

À partir de 5 ans, il est possible d’aider votre enfant à différencier cauchemar et réalité. Vous pouvez user d’astuces, par exemple en leur suggérant de faire appel aux pouvoirs de leur héros ou de leur héroïne pour les protéger pendant la nuit. Si vous pouvez installer une veilleuse dans la chambre de votre enfant, il est en revanche déconseillé de rester auprès de lui. Loin de le rassurer, cela peut être contreproductif, en lui envoyant le message qu’effectivement, il a des raisons légitimes d’avoir peur.

Pour les plus petits, le manque de sommeil peut favoriser les cauchemars. À partir de 2 ans et demi, un enfant peut rechigner à faire la sieste. Or, sans ce temps de repos, il est très fatigué en fin de journée, et son cerveau va automatiquement contrebalancer cette fatigue en enchaînant deux phases de sommeil lent profond, ce qui accentue les risques de terreurs nocturnes. Pour limiter les risques, proposez lui de s’allonger 30 à 45 minutes en début d’après-midi, même s’il ne dort pas.

Un enfant ayant fait un cauchemar dans lequel il a éprouvé une grande frayeur peut être anxieux au moment d’aller au lit. Pour l’aider à aller se coucher paisiblement, l’idéal est de mettre en place un « rituel du dodo ». Ce temps de partage facilite l’endormissement de votre enfant. C’est d’ailleurs l’occasion de le rassurer, en lui lisant par exemple une histoire qui le réconcilie avec le sommeil.

Les cauchemars persistent : que faire ?

Les cauchemars font partie du développement normal d’un enfant. Toutefois, dans certains cas extrêmes, les éveils pendant la nuit et les cauchemars fréquents peuvent être signe d’anxiété ou de détresse émotionnelle, ou la manifestation d’un traumatisme. Cela peut se produire en cas de changement notable dans la vie familiale : naissance d’un petit frère ou d’une petite sœur, décès d’un proche, déménagement… Les cauchemars qui persistent peuvent être en lien avec l’angoisse de la séparation ou une phobie scolaire.

Il est conseillé de consulter un professionnel de santé lorsque les cauchemars deviennent très fréquents ou trop intenses, en particulier si la situation dure depuis plusieurs semaines, ou s’ils sont associés à d’autres troubles.

Un sommeil perturbé peut également être révélateur d’un syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS). Les symptômes les plus fréquents sont des ronflements bruyants, associés à des pauses respiratoires. Un enfant souffrant d’apnée du sommeil peut en outre adopter une position spécifique, penchant la tête en arrière dans son sommeil, pour faciliter le passage de l’air. Il a tendance à faire davantage de cauchemars et à s’éveiller fatigué le matin, même les nuits durant lesquelles il n’en fait pas. Bien que l’apnée du sommeil ne touche que 2% des enfants âgés de 2 à 8 ans, il peut être judicieux d’en discuter avec le pédiatre en cas de doute.