Generic selectors
Exact matches only
Search in title
Search in content

Hypersomnie : définition, causes, symptômes

L’hypersomnie se caractérise par le besoin de dormir pendant la journée. Les personnes qui en souffrent ont un sommeil nocturne très solide (peu de réveils) et de très longue durée, avec un réveil matinal souvent extrêmement laborieux. Alors, quels sont les différents types d’hypersomnie ? Quelles sont les causes de cette pathologie qui provoque une somnolence excessive ? Zoom sur ce trouble du sommeil !

Hypersomnie

L’hypersomnie, qu’est-ce que c’est ?

Il existe deux types d’hypersomnie. L’hypersomnie secondaire, qui est la plus fréquente, et qui est la conséquence d’un autre phénomène, et l’hypersomnie idiopathique. Cette pathologie se traduit par une besoin excessif de dormir, et entraîne une somnolence diurne.

Quelles sont les symptômes de l’hypersomnie ?

L’hypersomnie idiopathique peut se caractériser par différents symptômes, tels que :

  • Une somnolence dans la journée ;
  • Un grand besoin de dormir et de faire des siestes en journée ;
  • Un sommeil nocturne anormalement long, qui dure souvent plus de 10 heures ;
  • Une sensation de ne pas être complètement réveillé ;
  • Une ivresse du sommeil ;

Des difficultés à exercer des activités mentales, à se concentrer, à mémoriser de nouvelles informations.

L’hypersomnie chez les personnes âgées

Selon une récente étude, la somnolence diurne excessive pourrait être un signe annonciateur de certaines maladies chroniques chez les personnes âgées. Les chercheurs ont mis en évidence que les sujets présentant une somnolence diurne excessive avaient un risque accru de développer certaines maladies chroniques dans les trois années suivantes, comme le diabète, l’hypertension artérielle ou un cancer.

À quoi est due l’hypersomnie secondaire ?

Si l’on ne sait pas à quoi est due l’hypersomnie idiopathique, on sait toutefois que l’hypersomnie secondaire résulte de différents facteurs. Elle peut tout d’abord être liée à un manque de sommeil important ou à un épuisement physique. Elle peut également apparaître après un arrêt brutal de stimulants, ou suite à une prise excessive d’hypnotiques ou de sédatifs. Il est aussi possible de souffrir d’hypersomnie secondaire lorsque l’on a une maladie d’origine psychiatrique, ou un trouble neurologique tel qu’un traumatisme ou une neurodégénérescence. Cette parasomnie peut également faire suite à une infection, notamment celle du virus Epstein-Barr ou dans le cadre du syndrome de Guillain-Barré, ou une maladie endocrinienne ou métabolique comme le diabète ou l’hypothyroïdie.

La privation de sommeil chronique comme cause l’hypersomnie idiopathique

La privation chronique de sommeil est une cause classique de somnolence. En effet, certaines personnes ont naturellement des besoins de sommeil supérieurs à 9-10 h par jour. À cause de leurs horaires de travail, ces longs dormeurs peuvent être en privation chronique de sommeil et souffrir d’hypovigilance diurne. Afin de différencier cette privation de sommeil et l’hypersomnie idiopathique, la spécialiste du sommeil demandera au patient si la somnolence persiste malgré des horaires réguliers et suffisants de sommeil.

L’hypersomnie et le syndrome d’apnées du sommeil

Le syndrome d’apnées du sommeil est souvent observé chez l’homme d’âge moyen. Il entraîne des ronflements importants, et des pauses respiratoires pendant le sommeil. Ce syndrome est mieux connu des cliniciens que celui de l’hypersomnie idiopathique. Dès lors, le diagnostic du syndrome d’apnées est souvent établi, et parfois par excès. La résistance de la somnolence au test thérapeutique par la ventilation en pression positive continue permettra alors de réaliser que les symptômes d’apnée ont d’autres causes.

Les parasomnies de sommeil lent profond comme causes de l’hypersomnie

Le somnambulisme ou les terreurs nocturnes de l’adulte sont des maladies du sommeil qui entraînent une somnolence importante chez presque la moitié des patients. En cas d’hypersomnie, il est donc essentiel de rechercher si le sujet souffre d’autres troubles du sommeil.

Le diagnostic de l’hypersomnie idiopathique

Le diagnostic de l’hypersomnie idiopathique repose sur l’élimination de toutes les autres causes de somnolence diurne excessive et de fatigue au réveil. Vous devrez tout d’abord tenir un agenda du sommeil, qui permettra d’éliminer un syndrome d’insuffisance chronique de sommeil. L’hypersomnie d’origine psychiatrique pourra quant à elle être éliminée grâce à un bilan psychologique.

L’examen utilisé afin de diagnostiquer l’hypersomnie idiopathique est la polysomnographie : réalisée dans un centre du sommeil, elle permet d’analyser précisément les différents stades de sommeil et d’éliminer d’autres parasomnies comme la narcolepsie ou le syndrome Kleine Levin

Si l’hypersomnie idiopathique est confirmée, le spécialiste en médecine du sommeil évaluera le stade de gravité grâce à un questionnaire soumis au malade : il pourra s’agir du questionnaire de Berlin ou encore du Score d’Epworth, qui permettent de comprendre les conséquences de l’épuisement chronique sur les activités quotidiennes notamment.

Le dormeur pourra également être soumis à un test itératif de latence d’endormissement (TILE) qui évalue la capacité du patient à trouver le sommeil pendant la journée. Un test de maintien d’éveil (TME) pourra également être réalisé, et évaluera la capacité du patient à rester éveillé durant la journée.

Traitement de l’hypersomnie

S’il s’agit d’hypersomnie idiopathique, le traitement est la même que celui de la narcolepsie : cette maladie est traitée avec des médicaments qui favorisent l’éveil, comme le modafinil, l’oxybate de Na, une association de médicaments qui contiennent du Ca, du Mg, du K et oxybates de Na.

En cas d’insomnie secondaire, il sera essentiel de traiter la cause du problème :

  1. Améliorer la qualité de son sommeil. Pour cela, accordez-vous une durée de sommeil suffisante : un adulte doit avoir entre 7 et 8 heures de sommeil chaque nuit. Allez également vous coucher le soir dès que la fatigue se fait ressentir : bâillements et yeux qui piquent sont les signaux à ne pas manquer ! Fixez-vous par ailleurs des horaires de coucher et de lever réguliers, et n’hésitez pas à faire une sieste en journée si la nuit a été difficile. Le soir, mangez léger, et évitez les repas trop copieux, trop gras, trop sucrés, ainsi que les excitants et l’alcool, à partir de 17h. Pendant les deux heures qui précèdent le coucher, optez pour une activité relaxante, comme la lecture, l’écriture, le dessin. Dans votre chambre, veillez à ce que l’environnement soit propice au sommeil : éliminez les potentielles nuisances sonores grâce à des boules quies, et plongez votre pièce dans le noir, car la lumière est l’ennemie du sommeil ! Enfin, une température de 18-19°C est nécessaire afin de s’endormir rapidement, et profiter d’un sommeil réparateur jusqu’au petit jour !

Lutter contre le stress : les troubles du sommeil tels que l’insomnie chronique sont souvent liés au stress, qui provoquer un retard de l’endormissement et de nombreux réveils nocturnes. Si vous êtes une personne stressée, anxieuse, certaines activités apaisantes pourront vous accompagner, comme la méditation, la cohérence cardiaque, le yoga, la sophrologie, les exercices pour faciliter la respiration Prenez du temps pour vous et faites du sport en journée afin de décompresser !

Le syndrome de fatigue chronique

L’hypersomnie et le syndrome de fatigue chronique entraînent toutes deux une somnolence diurne excessive. Le syndrome de fatigue chronique provoque un besoin de se reposer, de s’allonger et de fermer les yeux, sans pour autant s’endormir. Ces moments de repos physique et mental sans sommeil sont récupérateurs pour la personne qui souffre de fatigue chronique. À l’inverse, les personnes souffrant d’hypersomnie idiopathique n’ont pas d’épuisement physique.

Le test d’hypersomnie

Pour savoir si un patient souffre d’hypersomnie, plusieurs questions lui seront posées :

    • Le patient dort-il suffisamment? Un journal du sommeil ou une actimétrie permettront de s’assurer qu’il n’y a pas de privation chronique de sommeil. L’excès de sommeil, qui peut se manifester par 11 à 18 h de sommeil par jour ne se verra pas en horaires contraints, mais uniquement le week-end ou pendant les vacances.
    • Le sommeil de nuit est-il de bonne qualité ? La polysomnographie de nuit permet de chercher les causes de fragmentation du sommeil, comme les apnées et les hypopnées, les mouvements périodiques des jambes, et les signes de douleur, qui se manifestent pendant le sommeil sur l’électroencéphalogramme (EEG) ;
  • Le patient s’endort-il trop vite le jour ? Le lendemain de la polysomnographie, on évalue la rapidité d’endormissement grâce à des tests itératifs de latence d’endormissement (TILE) : 5 siestes de jour sont proposées au patient, toutes les 2 heures. La latence d’endormissement des 5 siestes est ensuite moyennée ;
  • Y a-t-il un excès de sommeil ? Ici, le temps de temps de sommeil non contraint, sur 18 à 36 heures est mesuré. Cette technique est appelée « bed rest », ce qui veut dire « repos au lit ». L’objectif de ce test est de faire ressortir l’excès de sommeil spontané sans contrainte, qui est anormal à partir de 11 ou 12 heures de sommeil. 

Prêt à lutter contre l’hypersomnie ?