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Myoclonie d’endormissement : tout comprendre

La myoclonie d’endormissement est un trouble du sommeil qui se caractérise par une contraction brusque d’un muscle. Ces mouvements involontaires peuvent se manifestent pendant différentes phases de sommeil : au moment du passage de l’état de veille au sommeil, ou au cours de la phase de sommeil paradoxal.

Myoclonie d'endormissement

Myoclonie d’endormissement : définition

Le terme de myoclonie vient du grec, et il se compose du préfixe « myo » désignant les muscles et de « klonos », exprimant l’agitation. La myoclonie se caractérise par la contraction brève d’un muscle (ou d’un groupe de muscles).

Myoclonie physiologique et myoclonie pathologique

La myoclonie physiologique survient de façon spontanée et n’a rien d’anormal – c’est par exemple le cas du hoquet et le la myoclonie du sommeil. Elle se distingue de la myoclonie pathologique.

La myologie pathologique n’est pas une maladie en elle-même. Elle peut être en revanche le signe clinique d’une maladie affectant les neurones, comme la maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer la maladie de Creutzfeldt-Jakob ou la maladie de Huntington, ou d’une maladie génétique. 

H3 Les myoclonies du sommeil

D’un point de vue comportemental, le sommeil se caractérise par une immobilité physique (ou quiescence). Il peut être perturbé par des mouvements anormaux survenant à différents stades : juste avant l’endormissement, lors de la transition veille-sommeil ou encore pendant le sommeil.  On parle de mouvements anormaux liés au sommeil. 

Les mouvements anormaux survenant pendant le sommeil sont classifiés en trois groupes distincts :

  • Les mouvements simples isolés, qui regroupent les différents types de myoclonies du sommeil ;
  • Les mouvements simples répétitifs, tels que les rythmies du sommeil ou le bruxisme ;
  • Les mouvements complexes, notamment les parasomnies du sommeil lent (terreurs nocturnes, somnambulisme, etc.) et les troubles du comportement du sommeil paradoxal.

On parle de myoclonie du sommeil lorsque les contractions musculaires affectent les dormeurs au moment de l’endormissement ou pendant leur sommeil.

Les différents types de myoclonie

On distingue différents types de myoclonie du sommeil (ou myoclonie nocturne). Ce type de contraction musculaire est courant et souvent bénin. Toutefois, ces troubles physiologiques fréquents peuvent provoquer des réveils impactant la qualité du sommeil.

La myoclonie d’endormissement

La myoclonie d’endormissement est aussi appelée secousse hypnagogique ou sursaut d’endormissement. Elle se manifeste par une contraction brève, soudaine et simultanée du corps tout entier, d’un muscle ou de plusieurs groupes musculaires. Elle peut produire l’impression de tomber dans un gouffre, ce qui lui vaut d’être parfois confondue avec un vertige pendant le sommeil. Elle s’accompagne parfois d’hallucinations. Elle touche 60 à 70 % de la population, toutes tranches d’âge confondues, et affecte aussi bien les hommes que les femmes.

Elle se distingue de la crise myoclonique, particulièrement fréquente après le réveil chez les personnes souffrant d’épilepsie. Elle débute en général à l’adolescence, et elle est plus fréquente chez les filles. Elle est souvent provoquée par le manque de sommeil, la consommation excessive d’alcool et un réveil trop brusque.

Les myoclonies propriospinales d’endormissement

Ces secousses musculaires involontaires répétées se produisent au niveau de l’abdomen et des membres inférieurs, plus rarement au niveau des membres supérieurs. Assez rares, elles sont favorisées par le fait d’être allongé. Ces mouvements périodiques du sommeil sont plus spécifiquement observés au cours de la transition veille-sommeil. Les myoclonies propriospinales d’endormissement peuvent être idiopathiques ou secondaires.

Le Neck myoclonus (NM)

Cette myoclonie du sommeil se manifeste pendant une phase de sommeil différente, puisqu’elle survient au cours du sommeil paradoxal. Elle se manifeste par une contraction musculaire au  niveau de la nuque, généralement accompagnée d’une rotation de la tête de la personne endormie. Elle se produit principalement chez les jeunes patients, et elle est suivie de réveils dans 20% des cas.

Myoclonie d’endormissement : cause et conséquences

Les myoclonies du sommeil peuvent avoir différentes origines, et si la recherche n’a pas permis de toutes les expliquer, la science pointe différents facteurs aggravants.

Les causes de la myoclonie d’endormissement

La myoclonie d’endormissement peut se produire par salves ou être unique, et se produire une seule fois. Dans certains cas, elle se répète tous les soirs, provocant dans des cas extrêmes une insomnie avec trouble de l’initiation du sommeil : en d’autres termes, il devient très difficile de s’endormir, ce qui conduit rapidement à un manque de sommeil conséquent et à une somnolence diurne. 

À ce jour, la science n’est pas en mesure d’établir clairement les causes de ce phénomène. Myoclonie d’endormissement et stress semblent toutefois être intimement liés. Le phénomène semble effectivement être plus fréquent et plus prononcé au cours des périodes d’anxiété, ainsi que chez les personnes qui ne bénéficient pas d’un nombre d’heures de sommeil suffisant. Elles sont également amplifiées par la consommation d’alcool et de substances excitantes, telle que la caféine, ainsi que par une activité physique intense.

Les causes des myoclonies propriospinales d’endormissement

Les myoclonies propriospinales peuvent être idiopathiques – c’est-à-dire que l’on ne peut en établir l’origine. Elles peuvent aussi être secondaires, et elles sont alors la conséquence de lésions médullaires pouvant être infectieuses, toxiques ou néoplasiques. Elles peuvent également avoir des causes psychogènes. Dans certains cas, enfin, elles sont provoquées par un traitement médicamenteux : antidépresseurs, anticonvulsivants, anesthésiques ou quinolones. 

Tout comme la myoclonie d’endormissement, les myoclonies propriospinales sont susceptibles de provoquer une insomnie d’endormissement sévère.

Les causes du Neck myoclonus

Les causes du NM demeurent inconnues à ce jour. On observe toutefois une dysrégulation du sommeil paradoxal. En outre, le NM ne permet pas de bien dormir, puisque les patients affectés rapportent une sensation de somnolence au cours de la journée. Les formes sévères peuvent ainsi avoir un impact sur le bien-être au quotidien.

Myoclonie d’endormissement : traitement

Le diagnostic de la myoclonie repose en premier lieu sur un examen clinique. Dans le cas d’une myoclonie pathologique résultant d’une atteinte cérébrale, la contraction musculaire peut par exemple être déclenchée par une stimulation sonore. Des analyses de sang, une électromyographie ou une imagerie par résonance magnétique peuvent être nécessaires pour en identifier la cause.

Il n’existe pas de traitement spécifique pour les myoclonies du sommeil. La prise en charge varie suivant les stades : lorsqu’elles ont d’ores et déjà conduit à une insomnie d’endormissement sévère, le médecin peut prescrire un somnifère pendant une brève période. 

La myoclonie d’endormissement peut généralement être traitée de façon simple et naturelle, en éliminant les facteurs susceptibles de les provoquer tels que l’alcool ou la caféine, et en adoptant des horaires de sommeil réguliers. Cela permet non seulement de limiter les risques de contracture musculaire au moment de l’endormissement, mais aussi de mieux dormir ! Les myoclonies propriospinales d’endormissement nécessitent d’identifier leur cause précise. Ainsi, si elles sont provoquées par un traitement médicamenteux, il peut être nécessaire de le modifier ou de revoir son dosage. Lorsqu’elles sont d’origine psychogène, une psychothérapie ou le recours à des psychotropes peut être envisagé.

Myoclonie nocturne et syndrome des jambes sans repos

Le syndrome des jambes sans repos (SJSR) est un trouble chronique caractérisé par un besoin urgent et irrésistible de bouger les jambes, voire de se lever et de marcher pendant la nuit. Il se manifeste par ce que l’on appelle des impatiences : picotements, fourmillements, tiraillements, impression de décharge électrique pouvant aller jusqu’à la douleur.

Environ 80% des personnes atteintes de SJSR expérimentent aussi une myoclonie nocturne, des mouvements involontaires des membres pendant le sommeil. Ces mouvements involontaires touchent exclusivement les muscles des jambes. Ils se produisent toutes les 20 à 40 secondes, et une crise peut durer de 5 à 20 minutes. Il arrive parfois que ces mouvements involontaires nocturnes se produisent même durant la journée, lorsque le patient est éveillé. 

Lorsqu’une personne souffre de SJSR associé à une myoclonie nocturne, les réveils sont fréquents. Par ailleurs, cela constitue une gêne réelle pour la personne qui partage son lit, et qui est susceptible de recevoir des coups de pied. Les conséquences sont nombreuses : somnolence diurne, troubles de l’humeur, voire dépression, difficultés à parcourir de longues distances ou à rester immobile longtemps.

La myoclonie nocturne ne doit donc pas être confondue avec une myoclonie d’endormissement. Si une prise en charge est possible, le diagnostic demeure trop souvent tardif. Outre la myoclonie d’endormissement, les symptômes peuvent en effet être confondus avec ceux de certaines pathologies neurologiques ou vasculaires. En cas de doute, il est recommandé d’en parler à votre médecin traitant.

Le diagnostic clinique est généralement suffisant. Le médecin vous interrogera sur les symptômes, mais aussi sur vos antécédents familiaux et sur vos antécédents médicaux. Certaines pathologies favorisent en effet le SJSR : diabète ou maladie rénale chronique, par exemple. Parfois, des examens complémentaires sont prescrits : prise de sang et polysomnographie, notamment. Pour traiter les formes simples, une bonne hygiène de vie se révèle suffisante pour venir à bout du SJSR et de la myoclonie nocturne. En cas de forme sévère, il est nécessaire de pallier le manque de dopamine, qui permet normalement la transmission de l’information dans le système nerveux. Le médecin peut prescrire un médicament de la famille des agonistes dopaminergiques (praximerole, ropinirole ou rotigotine).