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Parasomnies : tout comprendre

Une parasomnie est un trouble du sommeil qui survient au moment de l’endormissement, du réveil ou pendant le sommeil. Certaines parasomnies sont plus fréquentes dans la petite enfance et diminuent avec l’âge. Il peut s’agir d’événements anodins ou angoissants lorsqu’ils sont associés à des rêves ou à des hallucinations. Bien qu’elles ne soient pas considérées comme graves, certaines parasomnies nuisent à la qualité du sommeil et au bien-être quotidien des personnes qui en souffrent.

Les parasomnies : qu’est-ce que c’est ?

On distingue 3 grands types de troubles du sommeil :

  • Linsomnie ;
  • Les hypersomnies – qui se manifestent principalement par le fait d’avoir envie de dormir pendant la journée :
  • Les parasomnies.

Parasomnies : définition

Le terme de parasomnie est dérivé du grec et signifie littéralement « à côté du sommeil ». Les parasomnies désignent un ensemble de troubles du sommeil qui se caractérisent par des événements comportementaux ou psychiques anormaux et indésirables. Elles se produisent principalement pendant le sommeil ou lors de la transition du passage de l’état de veille au sommeil. Ces mouvements anormaux peuvent être liés à une activation du système nerveux autonome.

Relativement fréquentes, les parasomnies se manifestent en majorité  chez les enfants et les adolescents. Les cas chez les adultes (20-30 ans), plus souvent des hommes, ne représentent que 5%. La parasomnie chez les personnes âgées est caractérisée par des conversations soudaines et nécessite une attention particulière, car elle peut être le signe d’une démence.

Si les parasomnies sont pour la plupart bénignes, elles sont difficilement compatibles avec un bon sommeil. Lorsqu’elles surviennent trop fréquemment, elles peuvent ainsi causer un manque de sommeil à moyen terme.

Les différents types de parasomnies

parasomnie

Il existe 3 grands types de parasomnies, classées en fonction des phases de sommeil durant lesquelles elles surviennent. On distingue ainsi :

  • Les parasomnies de sommeil lent profond : éveils confusionnels, somnambulisme, les terreurs nocturnes ;
  • Les parasomnies de sommeil paradoxal : trouble comportemental en sommeil paradoxal (TCSP), la paralysie du sommeil, cauchemars et la catathrénie.
  • Les parasomnies de sommeil lent et paradoxal : trouble alimentaire du sommeil, sexsomnie, syndrome de recouvrement parasomniaque ou l’énurésie (pipi au lit).

Il est toutefois à noter que certaines parasomnies se manifestent durant la phase d’endormissement :

  • Les rythmies d’endormissement ;
  • Les hallucinations hypnagogiques ;
  • La somniloquie ;
  • Le bruxisme

Les parasomnies du sommeil lent profond

Le sommeil lent représente 80 % de chaque cycle de sommeil. Il comporte 4 phases :

  • Le sommeil lent léger de stade 1 (N1) ;
  • Le sommeil lent léger de stade 1 (N2) ;
  • Le sommeil lent profond de stade 3 (N3) ;
  • Le sommeil lent profond de stade 4 (N4). 

Les parasomnies qui surviennent pendant le sommeil lent surviennent principalement durant les phases de sommeil profond N3 et N4. Elles se caractérisent par des épisodes récurrents d’éveil incomplet pendant le sommeil léger, par une absence de réactivité vis-à-vis des personnes qui tentent d’intervenir et par une cognition limitée pendant la crise. . 

La terreur nocturne se manifeste lors d’épisodes courts, mais brutaux, générant des cris – voire des hurlements – pouvant s’accompagner de tachycardie et d’hypersudation. Quoique la personne ait les yeux ouverts, elle est toujours endormie, et il est déconseillé d’intervenir, d’autant que toute tentative provoquera un rejet violent. Ces crises cessent spontanément au bout de quelques minutes, et ne laissent aucun souvenir au dormeur.

Le somnambulisme se caractérise par des manifestations motrices simples ou complexes : une personne somnambule peut simplement s’asseoir dans le lit, ou se lever, marcher et même sortir. 

L’éveil confusionnel est parfois confondu avec la terreur nocturne. Il survient en cas de réveil durant la phase de sommeil profond. La personne se réveille brusquement, tient des propos incohérents, répond de façon inappropriée aux stimuli tels que les questions, et prend des objets sans but. Cet état dure généralement plusieurs minutes.

Parasomnies liées au sommeil paradoxal

Le sommeil paradoxal se caractérise par une atonie musculaire, par des mouvements oculaires rapides et par une activité cérébrale similaire à celle lors des phases d’éveil. Au total, il représente 20% du temps de sommeil total.

La durée des phases de sommeil augmente au fur et à mesure que la nuit avance. C’est durant la seconde moitié de la nuit que se produisent les rêveries les plus complexes et les plus chargées en émotions, associées à la consolidation de la mémoire et au développement visuospatial.

Les parasomnies qui se produisent alors sont étroitement liées à la forte activation corticale qui se produit pendant la phase REM du sommeil, quand les muscles non autonomes sont bloqués.  

La paralysie du sommeil est un trouble bénin, mais qui peut se révéler perturbant psychologiquement. Ce trouble se caractérise par une absence totale de tonus musculaire. Incapable de bouger et de parler, le patient  elle demeure bénigne. La personne expérimente une sensation d’oppression, fréquemment accompagnée d’hallucinations ;

Les troubles du comportement en sommeil paradoxal (TSCP) se caractérisent par des mouvements violents, liés à la mise en action d’un rêve. Tout comme le ronflement, ce trouble peut être lié à l’apnée du sommeil. Cette affection touche principalement les hommes de plus de 50 ans. Les TSCP peuvent causer une blessure, pour la personne qui l’expérimente ou pour la personne qui partage son lit : c’est la raison pour laquelle un traitement médicamenteux peut être nécessaire. 

Les cauchemars sont de « mauvais rêves » angoissants. Ils surviennent dès la petite enfance, entre l’âge de 12 et 18 mois. Si les enfants sont davantage exposés aux cauchemars – liés aux différentes étapes de leur développement psychologique, ils sont courants aussi chez les adultes. Lorsqu’ils surviennent plus d’une fois par semaine durant plus de trois mois, on parle de  maladie des cauchemar, et une thérapie est conseillée. Les cauchemars sont plus fréquents chez les personnes souffrant de narcolepsie ou de troubles anxieux.

Les autres types de parasomnies

Cette catégorie de parasomnies comprend des phénomènes qui se produisent pendant la transition entre le sommeil et l’éveil, ou indépendamment du stade de sommeil.

  •   L’énurésie nocturne (ou pipi au lit) : Il s’agit de l’incapacité à contrôler sa miction pendant la nuit. Très fréquente chez les enfants, elle est due à un retard dans le développement et l’apprentissage de l’organisme, qui ne déclenche pas les mécanismes de rétention lorsque la vessie est pleine.
  • Le trouble de l’alimentation pendant le sommeil : Il est caractérisé par des habitudes alimentaires anormales pendant la nuit. Il peut se produire durant un épisode de somnambulisme. C’est un état inconscient, et une personne qui l’expérimente ne garde aucun  souvenir de l’épisode.

  Le bruxisme nocturne : Il s’agit d’un comportement inconscient qui consiste à serrer ou grincer les dents en permanence, provoquant parfois une usure des dents, des douleurs articulaires et des maux de tête au réveil. Cette parasomnie peut être causée par des facteurs génétiques, neurologiques ou respiratoires, comme le ronflement et l’apnée du sommeil, ou être liée à des facteurs psychologiques, comme le stress ou l’anxiété.

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Les parasomnies chez l’enfant et les adultes

Si les parasomnies sont courantes chez les enfants, elles peuvent aussi toucher les adultes.

Les parasomnies chez l’enfant

Les parasomnies sont des troubles du sommeil typiques de la petite enfance. Elles touchent un tiers des enfants et altèrent la qualité de leur sommeil. Ils présentent des comportements anormaux pendant le sommeil : ils peuvent parler, se rendormir, crier et parfois se lever et marcher, sans se souvenir de rien le lendemain.

Ces comportements surviennent généralement peu après que l’enfant s’est endormi (dans l’heure ou les deux heures qui suivent). Ils durent souvent quelques minutes, mais peuvent varier de quelques secondes à une demi-heure. 

En général, il s’agit de comportements physiologiques bénins liés au développement cérébral normal des enfants, et qui disparaissent presque toujours d’eux-mêmes ou diminuent en fréquence et en intensité.

La grande majorité des enfants présentent au moins un de ces troubles du sommeil, surtout entre l’âge de 2 et 6 ans. Les principales parasomnies les plus fréquemment associées à l’enfance et à l’adolescence sont les cauchemars, les terreurs nocturnes, le somnambulisme, le syndrome des jambes sans repos, le bruxisme et l’énurésie.

L’énurésie peut parfois entrainer un déficit de l’estime de soi, et des parasomnies trop fréquentes peuvent nuire à la qualité du sommeil d’un enfant au point de nuire à sa santé et à sa scolarité : il est alors important de consulter le pédiatre et un spécialiste.

Les parasomnies chez l’adulte

Les parasomnies touchent 2 à 4% des adultes. Bien qu’elles puissent prendre de nombreuses formes, les plus courantes sont le somnambulisme, la terreur nocturne et les cauchemars.

Ces troubles sont généralement diagnostiqués uniquement lorsque les crises et épisodes se produisent de manière répétée et provoquent des perturbations cliniquement significatives. S’ils surviennent à l’âge adulte, ils peuvent indiquer l’existence d’un trouble psychiatrique ou neurologique que le médecin.

Parasomnies : causes et symptômes

Les parasomnies peuvent avoir des causes et des symptômes très variés.

La cause des parasomnies

Certaines parasomnies sont liées – entre autres – à des facteurs génétiques : c’est notamment le cas de l’énurésie et du somnambulisme. Elles peuvent être révélatrices de certaines pathologies, comme la maladie de Parkinson. Certains facteurs aggravent considérablement les risques :

  • Le stress ;
  • Des heures de sommeil insuffisantes et une privation de sommeil prolongée ;
  • Des horaires de sommeil irréguliers ;
  • Certains types de sommeil, comme le sommeil polyphasique ;
  • Une alimentation inappropriée.

Certains médicaments tels que les antidépresseurs, les somnifères, le lithium, la thioridazine ou la dopamine (utilisée pour traiter la maladie de Parkinson) sont connus pour affecter le cerveau et provoquer des épisodes de parasomnie.

Les symptômes

Outre les symptômes propres à chaque parasomnie, il existe également un certain nombre de signes généraux couramment ressentis :  

  • Une difficulté à s’endormir au moment du coucher ;
  • Un sommeil entrecoupé de nombreux réveils nocturnes ;
  • La somnolence diurne ;
  • Une fatigue dès le réveil ;
  • Des coupures ou des ecchymoses dont vous ignorez l’origine. 

Parasomnies : traitement et prévention

Naturel, comportemental ou médicamenteux : le traitement dépend spécifiquement de la parasomnie dont vous souffrez. Il est donc recommandé de consulter votre médecin, qui vous orientera vers un spécialiste du sommeil.

Bien qu’il n’existe pas de traitement universel pour les parasomnies, une bonne hygiène du sommeil est préconisée pour bien dormir et prévenir ces troubles :

  • Exposez vous régulièrement à la lumière du soleil durant la journée ;
  • Évitez de faire une sieste trop longue pendant la journée ;
  • Évitez les activités physiques trop intenses avant de dormir ;
  • Réduisez votre consommation de nicotine, de caféine et d’alcool tout au long de la journée ;
  • Mangez léger pour le diner ;
  • Adoptez un rythme de sommeil régulier en vous couchant et en vous levant à horaires réguliers ;
  • Évitez les écrans le soir.

Si vous êtes en proie au stress ou à l’anxiété, il est conseillé de prendre des mesures pour traiter ce problème à la source, en misant pour des activités telles que la relaxation ou en optant pour la psychothérapie, en fonction de vos besoins.

Dans le cas du somnambulisme ou des TSCP, des mesures de sécurité sont recommandées, pour limiter les risques de blessures.

La mélatonine, qui est produite par la glande pinéale pour réguler le rythme veille sommeil, est disponible sous forme de compléments alimentaires. Elle favorise le sommeil sans  provoquer pas de perte d’attention au réveil, comme c’est le cas avec les médicaments hypnotiques. Toutefois, ce type de complément alimentaire peut causer des effets secondaires et il est recommandé de prendre l’avis de votre médecin avant d’en consommer. 

Les remèdes à base de plantes (valériane, camomille, lavande, houblon, passiflore, fleur d’oranger et tilleul) constituent une bonne alternative aux sédatifs ou aux médicaments hypnotiques. Le lait chaud, riche en tryptophanes, est toujours un remède traditionnel précieux.

 

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