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Ronflement : causes et traitements

Ponctuel ou permanent, le ronflement affecterait 10 à 15 millions de Français. Si l’âge aggrave considérablement les risques, les enfants ne sont pas épargnés. Et contrairement à une idée reçue fermement ancrée, voulant que les hommes soient les plus touchés, il n’épargne pas les femmes. Bien qu’il puisse impacter la vie de couple, en poussant souvent à faire chambre à part, le ronflement demeure considéré comme bénin, et il est rarement pris au sérieux. Pourtant, le ronflement peut être lié à certaines pathologies, telles que l’apnée obstructive du sommeil, ou à un trouble du sommeil. Lorsqu’il devient chronique, il est donc recommandé de consulter.

Ronflement : qu’est-ce que c’est ?

Très fréquent,  le ronflement désigne un bruit respiratoire émis par un dormeur durant son sommeil. Ce bruit d’une intensité variable peut atteindre 100 dB dans certains cas extrêmes – soit l’équivalent du passage d’un camion. La ronchopathie (le fait de ronfler) peut être ponctuelle ou chronique. 

On distingue d’ailleurs différents types de ronchopathie, qui varient précisément par leur intensité et de leur fréquence :

  • Le ronflement simple ne dépasse pas 50 dB et il est généralement passager ;
  • Le ronflement modéré est légèrement plus bruyant que le ronflement simple et le plus souvent quotidien ;
  • Le ronflement sévère dépasse 95 dB et il est considéré comme pathologique ;
  • Le ronflement chronique est non seulement bruyant, mais aussi permanent, et une prise en charge médicale est indispensable.

Le ronflement est répandu, puisqu’il affecte les enfants comme les adultes. Toutefois, l’âge aggrave considérablement les risques. On a considéré pendant longtemps que les hommes étaient plus exposés, estimant que 40 à 60% ronflaient, contre 25% de femmes seulement. Ces chiffres ont toutefois été mis à mal par une étude publiée en 2019  dans Journal of Clinical Sleep Medicine, laissant entrevoir une quasi-parité. Il est pourtant courant d’ignorer que l’on ronfle, et il faut bien souvent une autre personne – parent ou conjoint – pour le découvrir.

Quoiqu’il puisse être gênant au point d’affecter la vie de couple, le ronflement demeure considéré comme bénin. Il fait aussi fréquemment l’objet de plaisanteries. Il est cependant nécessaire de prendre la ronchopathie au sérieux, puisque ce trouble affecte la qualité de la nuit de la personne qui en souffre, provoquant une fatigue diurne et une baisse de la vigilance pouvant aller jusqu’à la somnolence

Par ailleurs, le ronflement est parfois associé à l’apnée obstructive du sommeil, qui accroît le risque de maladie cardiaque et d’accident vasculaire cérébral, et qui nécessite une prise en charge médicale. De récentes études tendent en outre à établir un lien entre ronflements et maux de tête. En cas de ronflement, il est donc judicieux d’en parler à son médecin traitant.

Quel est le mécanisme du ronflement ?

ronflement

Le ronflement se produit lorsque l’air ne circule pas librement dans les voies aériennes supérieures. Pendant le sommeil, les muscles de l’arrière-gorge, du voile du palais, de la luette et de la langue se relâchent, provoquant une obstruction des voies respiratoires. Cela entrave la respiration, et à chaque inspiration, l’air fait vibrer les tissus de la gorge et de la luette, produisant alors un son caractéristique.

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Ronflement : quelles sont les causes ?

Le ronflement peut affecter aussi bien les enfants que les adultes et tendent à s’aggraver avec l’âge : on estime que 58% des ronfleurs ont entre 50 à 59 ans.

Quelles sont les causes du ronflement chez l’adulte ?

On a longtemps considéré que les hommes ronflaient plus que les femmes : en réalité, de récentes études démontrent qu’elles sont moins nombreuses à déclarer le problème et, par conséquent, sous-diagnostiquées. Chez l’adulte, les causes de ronchopathie sont nombreuses.

Infections du nez et de la gorge

En cas d’infection, les muqueuses de la gorge et du pharynx peuvent gonfler, ce qui favorise les ronflements. Parmi les affections pouvant causer les ronflements : la congestion nasale qui se produit en cas de rhume et qui entraîne une respiration par la bouche, ce qui augmente le risque ou l’angine.  Les ronflements cessent généralement lorsque l’infection disparaît.

Allergie

Les allergies peuvent provoquer un gonflement des muqueuses du nez et de la gorge. C’est le cas, par exemple, des allergies au pollen et aux poils d’animaux.

Une malformation anatomique

La déviation de la cloison nasale est une déformation de la paroi intérieure du nez, située entre les narines. Contrairement à ce que l’on imagine souvent, elle n’est pas rectiligne. En cas de déviation importante, elle peut provoquer une circulation turbulente de l’air ou obstruer une narine.

Surcharge pondérale

L’obésité abdominale ou le surpoids est une cause fréquente de ronflement, car des tissus graisseux peuvent s’accumuler autour de la gorge et de la langue, entravant le passage de l’air. Il suffit parfois d’un  petit excès de poids pour provoquer des ronflements.

Tabagisme

Fumer provoque une inflammation chronique des voies respiratoires. Il est à noter que cela se produit également en cas de tabagisme passif.

Alcool et certains médicaments

L’alcool et certains médicaments, parmi lesquels les antihistaminiques, les somnifères, ou les tranquillisants, entraînent un relâchement et un affaissement des muscles de la gorge et du pharynx, aggravant les ronflements, et augmentant les risques d’arrêts respiratoires en cas d’apnée du sommeil.

Le passage du sommeil lent au sommeil paradoxal

Chaque cycle du sommeil se compose de différentes phases, et certaines sont plus propices au ronflement. Durant le sommeil lent, la ventilation est régulière, toutefois, la résistance des voies aériennes supérieures augmente. La phase de sommeil profond est directement suivie du sommeil paradoxal, marqué par une atonie musculaire, un rythme cardiaque qui fluctue, et une activité cérébrale intense : ronflements et pauses respiratoires ont alors tendance à augmenter.

Ménopause

Les variations hormonales sont susceptibles de provoquer des ronflements : on constate d’ailleurs fréquemment que les femmes enceintes ronflent durant la grossesse. Le problème peut devenir chronique après la ménopause, car le taux d’oestrogène baisse, entraînant une chute du tonus musculaire.

Quelles sont les causes du ronflement chez l’enfant ?

Les enfants ronflent principalement de manière ponctuelle, en cas de rhume, une congestion nasale ou encore d’amygdalite, une infection du pharynx ou des amygdales. 

Comme chez l’adulte, le ronflement chronique de l’enfant peut être causé par un surpoids. Cependant, les ronflements de l’enfant peuvent durer principalement dans trois cas :

  • Des amygdales très grosses, généralement à la suite d’angines à répétition ;
  • Des végétations hypertrophiées, à cause d’un reflux gastro-oesophagien ou de rhinopharyngites à répétition ;
  • La rhinite allergique.

La rhinite demeure rare chez l’enfant de moins de 5 ans. L’hypertrophie des amygdales est en revanche responsable de 85% des cas de ronchopathie de l’enfant, et elle se manifeste principalement vers l’âge de 4 à 5 ans.

Chez l’enfant, le ronflement passe fréquemment inaperçu. Il peut s’accompagner de différents symptômes :

  • Des cauchemars très fréquents ;
  • Des pauses respiratoires ;
  • Un besoin fréquent de boire au cours de la nuit ;
  • L’énurésie (ou « pipi au lit »).

Si votre enfant manifeste des signes tels que l’hyperactivité, l’irritabilité ou encore une fatigue importante et un manque de concentration au cours de la journée, il est probable que son sommeil soit de mauvaise qualité. Il est alors envisageable qu’il ronfle.

Comment arrêter de ronfler ?

Il existe plusieurs dispositifs d’aide au sommeil et remèdes naturels pour arrêter de ronfler. Toutefois, lorsque le ronflement est lié à une pathologie, une prise en charge médicale peut s’imposer.

L’oreiller anti ronflement

Certaines positions pour dormir favorisent les ronflements. Sur le dos, il suffit en effet que la tête bascule trop en arrière ou, au contraire, trop en avant, pour que l’air ne circule plus fluidement. Il est donc indispensable de disposer d’un bon oreiller. 

Dans les cas de ronflement chronique, il est conseillé de dormir sur le côté : ce qui n’est guère évident lorsque l’on n’en a pas l’habitude. D’autant que l’on a naturellement tendance à bouger pendant le sommeil. 

L’oreiller anti ronflement a pour fonction de favoriser une posture adaptée, tout en maintenant la tête de manière optimale pour que l’air circule bien. Les modèles les plus sophistiqués disposent même de capteurs déclenchant le gonflement d’airbags afin de pousser à changer de position.

L’oreiller anti ronflement n’est pas un dispositif médical : toutefois, il peut être conseillé en cas d’apnée du sommeil, en complément d’une prise en charge appropriée. On l’utilise dans le cadre de la thérapie positionnelle, qui vise à apprendre à dormir sur le côté.

La ceinture anti-ronflement

Si l’oreiller anti ronflement ne vous convient pas, vous pouvez vous orienter vers une alternative : la ceinture anti-ronflement. Ce dispositif d’aide au sommeil s’attache autour du buste. Il est doté d’une demi-sphère visant à empêcher de s’allonger sur le dos. Les modèles dernière génération peuvent en outre vibrer lorsque cela se produit. 

En France, la ceinture anti-ronflement a fait l’objet d’études cliniques démontrant son efficacité. Elle contribue efficacement à réduire le temps passé sur le dos, mais aussi à faire diminuer le nombre de pauses respiratoires en cas d’apnée du sommeil. Tout comme l’oreiller, il ne s’agit pas d’un dispositif médical. Cependant, la ceinture peut résoudre les problèmes de ronflements légers et constituer un complément pertinent lorsque la ronchopathie exige une prise en charge médicale.

La bague anti ronflement

La bague anti-ronflement est  une solution naturelle et totalement non intrusive pour lutter contre les ronflements. Elle est conseillée spécifiquement lorsque les ronflements ont une origine buccale. Ressemblant au premier coup d’œil à un simple bijou, la bague anti-ronflement est dotée d’une ou plusieurs bosses exerçant une pression continue sur des points spécifiques pendant la nuit. 

La bague anti-ronflement fonctionne sur le principe de l’acupression. Elle se porte à l’auriculaire, où se situent les points en lien avec l’appareil respiratoire. Elle vise à tonifier les muscles qui tendent à s’affaisser au cours de la nuit, et à permettre ainsi à l’air de circuler plus librement. Ce dispositif non médical est très populaire – toutefois, son efficacité demeure remise en question.

Le spray anti-ronflement

Le spray anti-ronflement peut être buccal ou nasal. Il tapisse la muqueuse d’un lubrifiant destiné à empêcher les vibrations. Il peut en outre dégager le nez, lorsque sa formule comporte du menthol ou des huiles essentielles. Son effet est limité : 35 minutes à 1 heure. Il peut toutefois constituer une solution satisfaisante pour éviter de ronfler au terme d’une soirée arrosée.

L’orthèse d’avancée mandibulaire

L’orthèse d’avancée mandibulaire, également appelée orthèse anti-ronflement, est un dispositif médical utilisé en cas de ronflements et d’apnée du sommeil modérée. Elle est conçue pour maintenir la mâchoire inférieure dans une position avancée de quelques millimètres, permettant ainsi une meilleure circulation de l’air et empêchant la langue de tomber à l’arrière de la bouche.

Les appareils anti-ronflement médicaux

Dans les cas les plus sérieux d’apnée du sommeil, le risque de maladies cardiovasculaire est élevé, et le recours aux appareils assurant une bonne ventilation est recommandé. 

Il est souvent préconisé d’opter pour le traitement par PPC (Pression Positive Continue) pour traiter les troubles respiratoires qui causent les ronflements. Ce dispositif médical se compose d’un appareil et d’un masque, et il permet de maintenir les voies supérieures ouvertes. 

Dans des cas spécifiques, on peut préférer lAPAP (Pression Positive Automatique), dont le fonctionnement est similaire, à ceci près qu’il n’est pas continue. L’appareil de traitement à deux niveaux est quant à lui préconisé pour aider aussi à expirer plus facilement.

Un anti-ronflement naturel

Lorsque la ronchopathie n’est pas liée à une pathologie exigeant une prise en charge médicale, il existe certaines astuces pour en venir à bout.

  • La position dans laquelle vous dormez est importante. S’il est recommandé de dormir sur le côté, il est important de ne pas négliger votre literie. Choisissez soigneusement votre oreiller, en particulier si vous ne pouvez-vous défaire de l’habitude de dormir sur le dos. L’oreiller à mémoire de forme est alors recommandé ;
  • Soignez votre environnement de sommeil : lorsque l’air est trop sec dans la chambre, la bouche et la gorge sont irritées. Un humidificateur d’air se révèle alors très utile. 
  • Le manque de sommeil peut aggraver les ronflements. De bonnes habitudes de sommeil contribuent donc à prévenir et limiter les risques. Assurez-vous de dormir suffisamment, en veillant à avoir des horaires réguliers ;
  • Le surpoids compte parmi les principales causes de ronchopathie. Il est donc judicieux de perdre du poids, de préférence en étant bien accompagné afin d’adopter de meilleures habitudes alimentaires ; 
  • Une bonne hygiène de vie réduit considérablement les risques de ronfler. Arrêter de fumer et réduire votre consommation d’alcool contribue notamment à limiter radicalement les ronflements ;

En cas d’insomnies, évitez les traitements médicamenteux, qui provoquent des ronflements. Ils sont d’ailleurs déconseillés par les professionnels de santé, qui les réservent à des cas spécifiques. Préférez des solutions naturelles comme la diffusion d’huile essentielle de lavande, un verre de lait accompagné de miel ou encore une tisane de camomille.

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Ronflement : quand faut-il consulter ?

Même lorsque les ronflements sont anodins, ils nuisent à la qualité du sommeil. Il est en outre délicat de déterminer s’ils sont liés ou non à une pathologie, à moins de procéder à des examens spécifiques. À partir du moment où les ronflements sont quotidiens, il est donc conseillé d’en parler à votre médecin traitant.

Ronflement : quel spécialiste consulter ?

En cas de ronflement, la première chose à faire est d’en parler au médecin traitant ou au  pédiatre, dans le cas des enfants. Dans le cas de ronflements modérés, des mesures hygiéno-diététiques se révèlent souvent suffisantes. Votre médecin sera aussi en mesure d’identifier certaines causes spécifiques et d’y remédier, par exemple en identifiant un éventuel médicament responsable de la ronchopathie, ou une maladie inflammatoire ORL.

Le cas échéant, votre médecin peut vous orienter vers un spécialiste. Il s’agit généralement d’un Oto-rhino-laryngologiste (ORL). Ce dernier sera en mesure de réaliser un bilan et de déterminer si un traitement chirurgical est nécessaire. 

En cas de suspicion d’apnée du sommeil, un bilan du sommeil s’impose. Il s’effectue en règle générale dans un service spécialisé.

Les complications possibles

Un ronflement chronique peut être le symptôme du SAHOS (syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil). Ils s’accompagnent alors d’autres symptômes : micro-réveils à répétition, sommeil agité, cauchemars ou  nycturie (besoin d’uriner plusieurs fois pendant la nuit). Toutefois, le meilleur moyen de diagnostiquer l’apnée du sommeil est de procéder à un examen du sommeil.

Rare chez l’enfant, l’apnée du sommeil se caractérise par des pauses respiratoires pouvant durer jusqu’à 30 secondes. Cette pathologie a des répercussions au quotidien – baisse de la vigilance, trouble de l’humeur, pertes de mémoires, entre autres – et un impact à terme sur la santé. Elle augmente les risques d’hypertension artérielle, d’accidents vasculaires cérébraux, d’infarctus et d’insuffisance cardiaque. Cette pathologie est souvent associée au surpoids et au diabète de type 2.

Le ronflement se manifeste également parfois en cas de trouble du sommeil et notamment en cas de bruxisme. Touchant aussi bien les enfants que les adultes, cette parasomnie se manifeste principalement par le fait de grincer des dents et, non diagnostiqué, il peut avoir des conséquences importantes sur la santé bucco-dentaire. 

Enfin, il ne faut pas négliger l’impact des ronflements au sein du couple. En effet, le ronflement constitue une importante nuisance sonore, qui provoque fréquemment des réveils nocturnes et empêche de se rendormir. À terme, cela peut provoquer une insomnie chronique.

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