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Somniloquie : parler dans son sommeil

La somniloquie est  le fait de parler dans son sommeil. Ce trouble du sommeil n’a pas d’impact sur la santé de la personne qui en est atteinte. En revanche, elle peut se révéler très pénible pour la personne qui partage son lit, car tout comme les ronflements, elle est susceptible de la réveiller plusieurs fois au cours de la nuit. Que signifie parler dans son sommeil et comment soigner la somniloquie ? On vous dit tout.

Parler en dormant ou somniloquie

La somniloquie : qu’est-ce que c’est ?

La somniloquie est une forme de parasomnie. Elle se manifeste par le fait de parler en dormant. Ce trouble du sommeil peut être périodique ou chronique. Relativement fréquent chez les enfants, il tend à se raréfier chez les adultes. 

Ce trouble du sommeil est extrêmement courant puisqu’on estime qu’il affecte environ 70% à 75% de la population. Toutefois, il s’agit dans la plupart des cas d’épisodes isolés, et seuls 1,5% de la population en souffre de façon chronique – principalement les hommes. 

La somniloquie est un trouble du comportement du sommeil paradoxal. Cette phase de sommeil se caractérise en effet par une atonie musculaire. En cas de perte d’atonie, des comportements anormaux se manifestent, par exemple le fait d’expérimenter un sursaut pendant son sommeil.

L’atonie musculaire est possible grâce à deux substances chimiques lorsque nous dormons : la glycine et l’acide gamma-aminobutyrique. Ces substances chimiques provoquent une « paralysie » temporaire qui empêche de faire des mouvements indésirables en dormant. Chez certaines personnes, ces substances ne provoquent pas de paralysie au niveau des cordes vocales. Par conséquent, leurs cordes vocales fonctionnent toujours, et il est courant qu’elles parlent durant leurs rêves.

La plupart des personnes souffrant de somniloquies n’en sont pas conscientes, et elles ne se souviennent de rien au réveil. Cependant, ce trouble du sommeil est fréquemment anxiogène, d’une part à cause des propos tenus – souvent farfelus ou incompréhensibles – et d’autre part à cause de certaines idées reçues. 

D’un point de vue folklorique, le fait de parler dans son sommeil est parfois assimilé à une forme de possession démoniaque. Toutefois, la principale crainte d’une personne qui parle dans son sommeil, c’est de prononcer une parole malheureuse. On entend en effet souvent dire que parler dans son sommeil, c’est dire la vérité : or, cela est totalement faux !

Cycle du sommeil et somniloquie

Les épisodes de somniloquie se produisent au cours de  phases de sommeil spécifiques. Au cours d’une nuit, un adulte enchaîne 4 à 6 cycles de sommeil, d’une durée de 90 à 120 minutes. 

Chaque cycle de sommeil comprend principalement 3 phases :

  • Le  sommeil lent léger ; 
  • Le sommeil lent profond ; 
  • Le sommeil paradoxal.

La somniloquie se manifeste durant les phases de sommeil lent profond et de sommeil paradoxal. Cela a conduit à l’hypothèse qu’elle a un lien avec les rêves, mais à l’heure actuelle, la science n’a pas encore permis de le déterminer avec certitude.

Comment savoir si vous parlez en dormant ?

La plupart des personnes qui parlent dans leur sommeil l’ignorent, puisque ces épisodes ne laissent aucun souvenir : elles ne le découvrent que lorsque leur partenaire l’en informe. En cas de doute, vous pouvez avoir recours à une application destinée à analyser votre sommeil. Ce type d’application enregistre les bruits émis en dormant et, la plupart du temps, des informations telles que votre rythme cardiaque.

Pourquoi certaines personnes parlent dans leur sommeil ?

Si la somniloquie chronique n’affecte qu’une infime partie de la population, tout le monde est susceptible de parler dans son sommeil au moins une fois. Différents facteurs favorisent les épisodes de somniloquie :

  • Le stress ou l’anxiété ;
  • Les cauchemars ;
  • La dépression ;
  • La privation de sommeil ;
  • La consommation d’alcool ;
  • Un épisode de fièvre.

La somniloquie est parfois un effet secondaire d’autres troubles du sommeil tels que l’apnée du sommeil ou la narcolepsie.

Parler dans son sommeil : que dit-on ?

Les propos tenus par une personne qui parle dans son sommeil sont généralement en lien direct avec ses rêves. Toutefois, ils ne sont pas toujours cohérents ou compréhensibles. La Somniloquie se manifeste différemment chez chaque personne : certaines personnes peuvent crier, réveillant brusquement la personne qui dort à ses côtés, d’autres s’exprimer calmement. Les propos vont des onomatopées à des monologues pouvant être assez longs. Les expressions exprimées sont elles aussi très diverses : joie, peine, colère, etc.

Les croyances et idées reçues poussent parfois les personnes témoins d’un épisode de somniloquie à tenter de communiquer avec une personne endormie, même lorsqu’elle semble s’exprimer presque aussi clairement qu’à l’état de veille. Il arrive dans certains cas d’obtenir une réponse, mais elle est rarement cohérente et souvent aléatoire.

Si votre enfant ou votre partenaire parle en dormant, il est déconseillé d’intervenir, y compris en lui adressant la parole, sous peine de créer un état de confusion. 

Parler dans son sommeil : quelles conséquences ?

Le fait de parler dans son sommeil n’a aucune conséquence directe sur le sommeil, la santé ou le bien-être de la personne concernée. En revanche, cela peut être extrêmement problématique pour la personne qui partage sa vie, en particulier dans le cas d’une somniloquie chronique. 

Le fait d’être réveillé toutes les nuits ou presque peut avoir des conséquences à court et moyen terme :

  • Problèmes de concentration ;
  • Baisse de la vigilance ;
  • Somnolence diurne ;
  • Irritabilité.

À plus long terme, la privation de sommeil chronique a un impact sur la santé, car elle augmente le risque de dépression, d’obésité, de diabète, d’hypertension artérielle et de troubles cardio-vasculaires.

Si la somniloquie n’est pas une pathologie, elle peut toutefois créer une certaine anxiété chez les personnes qu’elle affecte. Ce trouble comportemental peut ainsi inquiéter les enfants, qui refusent de passer la nuit chez des amis, ainsi que les adultes. Si vous souffrez de somniloquie, il est recommandé de prévenir votre partenaire, ce qui lui évitera une réaction de panique. Expliquez-lui également qu’il ne faut pas tenter de vous réveiller.

Le fait de dormir au quotidien avec une personne qui parle en dormant peut être éprouvant. Si c’est votre cas, optez pour une solution telle que les bouchons d’oreilles, qui vous permettra de passer une nuit sereine.

Somniloquie : quand et qui consulter ?

À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement réel pour arrêter de parler pendant son sommeil. Cependant, la somniloquie est parfois le signe d’un problème sous-jacent, principalement d’autres troubles du sommeil. Il est donc conseillé de consulter votre médecin traitant si le fait de parler en dormant s’accompagne de certains symptômes :

  • Une fatigue dès le réveil, malgré une nuit de sommeil complète ;
  • Des difficultés d’endormissement ;
  • Des ronflements;
  • Un état de somnolence excessive pendant la journée.

Et quand le dormeur est un enfant ? Le fait d’être agité pendant son sommeil est assez courant chez un enfant ou un adolescent : à partir du moment où cela n’impacte pas son quotidien, vous n’avez aucune raison majeure de vous inquiéter. Si vous notez des problèmes respiratoires, en revanche, consultez le pédiatre.

La somniloquie est parfois le symptôme d’une apnée du sommeil : un trouble respiratoire qui doit être traité afin de prévenir tout risque cardio-vasculaire. Votre médecin traitant (ou le pédiatre) peut donc vous orienter vers un spécialiste, afin de procéder à une analyse du sommeil. La polysomnographie est l’examen le plus courant, car il permet de recueillir de nombreuses informations, des ondes cérébrales aux tensions musculaires. 

Comment soigner la somniloquie ?

Comment arrêter de parler dans son sommeil, alors qu’aucun traitement n’est proposé ? Le meilleur moyen de le faire, c’est d’éliminer au maximum les facteurs susceptibles de déclencher ces épisodes.

Le stress constitue le principal facteur nuisant à la qualité de votre sommeil. Il aggrave considérablement les risques de troubles du sommeil, en particulier des parasomnies et des insomnies. Il a également des conséquences sur la santé à moyen terme. Pour cesser de parler durant votre sommeil, il est donc judicieux de faire en sorte de diminuer votre niveau de stress au quotidien, et particulièrement avant d’aller vous coucher :

  • Évitez les activités en lien avec le travail en soirée ;
  • Pratiquer des activités relaxantes, telles que le yoga ou la méditation guidée ;
  • Mettez au point un rituel du soir, en favorisant des activités calmes pour vous préparer à dormir.

Notre horloge biologique fonctionne suivant le rythme circadien : l’alternance d’une période de veille et de sommeil sur un cycle de 25 heures. Toutefois, le nombre d’heures de sommeil nécessaire pour se réveiller en forme varie d’un individu à l’autre. En outre, certaines personnes sont du soir, d’autres du matin. Adaptez votre rythme de sommeil à votre chronotype.

Une fois que vous avez établi le nombre d’heures par nuit que vous devez passer à dormir, établissez une heure de coucher et une heure de lever fixes.

Pour mieux dormir et profiter d’un sommeil très profond et plus réparateur, veillez aussi à votre hygiène de vie :

  • Pratiquez une activité physique régulière ;
  • Exposez-vous chaque jour à la lumière du soleil, qui régule l’horloge biologique ;
  • Prenez un dîner léger ;
  • Limitez votre consommation d’alcool et de nicotine en soirée ;
  • Évitez les substances excitantes telles que le café après 14 heures.

Enfin, soignez votre environnement de sommeil. Vous devez disposer d’une bonne literie, ce qui comprend un bon oreiller. Il est conseillé de ne pas surchauffer la chambre, y compris en hiver.