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Terreurs nocturnes : causes, symptômes, traitements

Des cris stridents, des pleurs, des yeux grands ouverts pendant qu’il dort : les terreurs nocturnes constituent un trouble du sommeil extrêmement effrayant pour de jeunes parents. D’autant que toute tentative pour rassurer l’enfant qui en est la proie est vaine. Ces crises spectaculaires sont toutefois bénignes : il s’agit d’une parasomnie bénigne. Mais contrairement aux idées reçues, elles ne touchent pas uniquement les plus jeunes : elles sont aussi susceptibles de survenir chez l’adulte.

Les terreurs nocturnes : qu’est-ce que c’est ?

terreurs nocturnes

La terreur nocturne survient en général entre l’âge de 18 mois et de 4 ans. Souvent confondu avec les cauchemars, ce trouble du sommeil demeure courant : il touche environ 40% des enfants de 3 à 6 ans. Il est beaucoup plus rare chez l’adulte, puisque 1% seulement de la population est concerné.

Terreur nocturne : définition

On distingue principalement 3 types de troubles du sommeil :

  •         Les insomnies ;
  •         L’hypersomnie ;
  •         Les parasomnies.

Les terreurs nocturnes sont des parasomnies, des troubles du sommeil caractérisés par des comportements anormaux et indésirables qui surviennent durant la nuit. Elles appartiennent plus spécifiquement à la catégorie des parasomnies de sommeil lent profond, qui comprend aussi les éveils confusionnels et le somnambulisme.

Les terreurs nocturnes se manifestent pendant la phase de sommeil lent profond et se produisent en début de nuit, durant les heures qui suivent l’endormissement.

Les crises de terreurs nocturnes touchent principalement les enfants, en particulier ceux qui n’ont pas bénéficié d’un nombre d’heures de sommeil suffisant durant la journée, ou dont les horaires de coucher sont trop irréguliers. 

Ce trouble du sommeil peut se manifester de manière ponctuelle, ou de manière régulière, en particulier entre l’âge de 3 et 6 ans. Il tend à disparaître naturellement au cours de l’adolescence, pour devenir extrêmement rare à l’âge adulte.

Les crises de terreur nocturne ne laissent aucun souvenir chez les enfants. Les adultes, eux, peuvent parfois en conserver quelques souvenirs.

Terreur nocturne : les symptômes

Les symptômes des terreurs nocturnes sont variés.. Les plus courants sont les cris et les pleurs, accompagnés de manifestations de paniques :

  • Yeux ouverts et regard fixe ;
  • Agitation extrême et mouvements violents type coups de pied ;
  • Sueurs froides intenses ;
  • Respiration et rythme cardiaque rapides. 

L’enfant ou l’adulte expérimentant une crise de terreur nocturne affiche une expression effrayée et peut s’asseoir dans le lit, mais toute tentative de l’approcher ou de lui parler est vaine, voire déconseillée :  cela provoque des réactions violentes, en particulier chez les adultes. 

Les symptômes conduisent un parent ou un conjoint non averti à vouloir intervenir, mais les apparences sont trompeuses : durant un épisode de terreur nocturne, l’individu est bel et bien endormi. La crise cesse d’elle-même, et elle est suivie d’un rendormissement.

Terreurs nocturnes : quelles sont les causes ?

La recherche a permis de démontrer qu’il existe un facteur de prédisposition génétique aux terreurs nocturnes. Il s’agit plus largement d’une prédisposition aux éveils partiels durant la phase de sommeil lent profond. Les terreurs nocturnes s’accompagnent donc fréquemment d’autres parasomnies : crise de somnambulisme ou tendance à parler durant le sommeil.

D’autres facteurs peuvent toutefois provoquer des terreurs nocturnes :

  • La privation de sommeil ;
  • La fatigue physique intense ;
  • Un environnement de sommeil inapproprié ;
  • Des horaires de sommeil irréguliers ;
  • La prise de médicaments agissant sur le système nerveux central.

Certaines pathologies peuvent accroître le risque de crise, notamment l’apnée du sommeil. C’est la raison pour laquelle en cas de terreur nocturne fréquentes, il est recommandé d’en parler au pédiatre ou au médecin traitant.

Terreur nocturne et cauchemars : quelle est la différence ?

Les terreurs nocturnes sont souvent confondues avec les cauchemars. Bien que ces troubles du sommeil puissent présenter quelques similitudes, ils sont complètement différents.

Le cauchemar est un « mauvais rêve » qui survient chez la majorité des dormeurs. Ces rêves effrayants apparaissent vers l’âge de 18 mois, et ils provoquent des réveils nocturnes accompagnés de pleurs chez les enfants. Ils sont particulièrement angoissants pour les tout-petits, car avant l’âge de 4 ans, ils sont incapables de faire la différence entre les images issues d’un mauvais rêve et la réalité. Il est à noter que contrairement aux terreurs nocturnes, les cauchemars sont très courants chez les adultes.

Terreurs nocturnes et cauchemars surviennent pendant des phases de sommeil distinctes. Alors que les terreurs nocturnes surviennent en première partie de nuit, durant les phases de sommeil lent profond, les cauchemars se manifestent en seconde partie de nuit, durant les phases de sommeil paradoxal.

Durant la nuit, un dormeur enchaîne 4 à 6 cycles de sommeil : en début de nuit, le sommeil lent profond domine. En seconde partie de nuit, les phases de sommeil paradoxal s’allongent. Pendant la phase de sommeil paradoxal ou sommeil REM (Rapid Eye Movement/Mouvements oculaires rapides), le tonus musculaire est minime, mais l’activité cérébrale est presque aussi intense qu’à l’état de veille, ce qui favorise les rêves – bons ou mauvais.

Terreur nocturne : que faire ?

Les dormeurs en proie à une crise de terreur nocturne semblent réveillés et paniqués, et le premier réflexe est souvent de tenter de les réveiller et/ou de les réconforter. Or, cela est tout à fait contre-indiqué : en effet, cela provoque des réactions violentes. La terreur nocturne se produisant durant une phase de sommeil lent profond, le réveil est difficile, et il est suivi d’un épisode de confusion. Comme dans le cas d’un somnambule, il est donc déconseillé d’intervenir. Dans les cas les plus extrêmes, un épisode peut durer jusqu’à 20 minutes, mais il se calme de lui-même, brutalement.

Les terreurs nocturnes chez le bébé et l’enfant

Les terreurs nocturnes surviennent vers l’âge de 18 mois, et elles tendent à être plus fréquentes entre 4 et 6 ans, puis à diminuer jusqu’à disparaître durant l’adolescence, avec la maturation du système nerveux.

La terreur nocturne le bébé de 0 à 3 ans

Chez le nourrisson, le sommeil est un besoin physiologique : il se réveille presque exclusivement pour se nourrir, et les pleurs nocturnes ne sont donc pas liés à un quelconque trouble du sommeil. 

Le sommeil des tout-petits est encore mal connu. On relève les premières manifestations de terreurs nocturnes à 18 mois. Cependant, avant cet âge-là, les tout-petits peuvent expérimenter le réveil confusionnel, lors de la sieste ou en début de nuit. L’enfant grogne et s’agite pendant qu’il dort, repoussant un parent qui tente de le consoler. Quoiqu’il ait l’air éveillé, il est toujours plongé dans un sommeil très profond. Ces accès ressemblant beaucoup à un épisode de terreur nocturne peuvent durer plus longtemps : jusqu’à 1 heure.

Si la prédisposition génétique constitue un facteur important, la terreur nocturne jusqu’à l’âge de 3 ans est fréquemment liée à une mauvaise hygiène du sommeil et quelques stratégies simples permettent de réduire les risques :

  • Respectez la durée du sommeil de bébé en veillant notamment à ce qu’il fasse ses siestes ;
  • Évitez au maximum de perturber le rythme de sommeil de bébé ;
  • Instaurez une routine du coucher apaisante ;
  • Tenez un journal pour identifier les éléments déclencheurs des crises.

La terreur nocturne de de 3 à 6 ans

Les enfants de 3 à 6 ans sont les plus exposés aux terreurs nocturnes. Statistiquement, les garçons semblent plus sujets à ce trouble du sommeil que les filles. 

Durant cette période, les enfants expérimentent fréquemment des peurs au moment du coucher : peur du noir ou des monstres, principalement, ce qui peut causer des difficultés d’endormissement. En outre, ils vont désormais à l’école, et la sieste est peu à peu supprimée. Stress et fatigue accroissent les risques de terreurs nocturnes. Si votre enfant semble fatigué ou manqué de sommeil, n’hésitez pas à lui proposer des siestes durant les week-ends.

La terreur nocturne partir de 6 ans

Les terreurs nocturnes diminuent de manière significative à partir de 8 ans. On estime que 1 à 3% des moins de 15 ans expérimentent des épisodes de terreur nocturne répétitifs, et le problème disparaît de lui-même durant l’adolescence.

Comment calmer une terreur nocturne chez l’enfant ?

Terreurs nocturnes
  • Restez auprès de votre enfant afin de veiller à ce qu’il ne se blesse pas ;
  • Placez doucement la main sur son front et/ ou parlez lui à voix basse, d’une voix calme.

Il est à noter qu’un changement de température peut contribuer efficacement à calmer une crise de terreur nocturne. Vous pouvez donc essayer de transporter votre enfant dans une autre pièce.

En cas de terreurs nocturnes tous les soirs, les spécialistes du sommeil préconisent de réveiller l’enfant 30 minutes avant l’heure habituelle de la crise et de lui donner à boire, puis de le laisser se rendormir lui-même. Si cela ne permet pas de résoudre la situation, il est recommandé de consulter.

Les terreurs nocturnes chez l’adulte

Plus rares chez l’adulte, les terreurs nocturnes sont principalement liées au facteur génétique et à l’anxiété.

Les causes de la terreur nocturne chez l’adulte

Les causes de la terreur nocturne sont loin d’être complètement élucidées, particulièrement chez l’adulte. Outre le facteur génétique, la science pointe certains facteurs aggravants :

  • La privation de sommeil ;
  • L’activité physique intense, en particulier en fin de journée ;
  • La consommation de substances excitantes telles que le café ou le thé ;
  • La consommation d’alcool ;
  • La consommation de substances telles que les psychotropes. 

Certains traitements médicamenteux peuvent également augmenter les risques.

Contrairement à la paralysie du sommeil, très angoissante pour la personne qui en est la proie, la terreur nocturne n’impacte pas vraiment le dormeur – à moins qu’elle n’entraîne des blessures. 

Les épisodes de terreur nocturne chez les adultes constituent en revanche une nuisance au sein du couple. En outre, la terreur nocturne de l’adulte est souvent une manifestation d’un mal-être plus profond, et il est donc recommandé de ne pas l’ignorer.

Les états dépressifs comptent en effet parmi les  causes possibles de terreur nocturne à l’âge adulte. Un niveau d’anxiété élevé favorise également les crises, qui surviennent lors des périodes de stress intense : rupture amoureuse, deuil, situation délicate au travail. Il peut également s’agir de la manifestation d’un traumatisme lié à l’enfance. Il est alors conseillé dans tous les cas de consulter un professionnel. 

Le diagnostic de terreur nocturne chez l’adulte nécessite d’être confirmé par une analyse du sommeil, afin de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un autre trouble, tel que l’épilepsie frontale à crises nocturnes autosomiques dominantes (ADNFLE).

Terreur nocturne chez l’adulte : que faire ?

En cas de crise, comme chez l’enfant, il convient en premier lieu de ne pas intervenir : si vous souffrez vous-même de terreurs nocturnes, n’hésitez donc pas à prévenir vos proches. Si, au contraire, c’est un de vos proches qui souffre de terreur nocturne, veillez simplement à ce qu’il ne se blesse pas durant la crise. 

Il n’existe pas de traitement contre les terreurs nocturnes : comme pour les insomnies, il s’agit avant tout d’identifier la cause du problème, et de l’éliminer. Ainsi, les traitements d’homéopathie en cas de terreur nocturne peuvent se révéler judicieux quand elles sont liées à un stress passager. En cas de traumatisme, une thérapie comportementale peut être plus appropriée.

Une bonne hygiène de vie et une bonne hygiène de sommeil permettent en outre de réduire les risques de manière drastique. Idéalement, il faut dormir 7 heures par nuit au moins pour être en forme. À défaut d’une durée de sommeil optimale, assurez vous au moins de profiter d’un sommeil de qualité.

Pour dormir, mettez vous en condition en mettant en place un rituel du sommeil apaisant et régulier :

  • Évitez les expositions aux écrans ;
  • Limitez les exercices physiques intenses en soirée ;
  • Évitez toute activité stressante, notamment liée au travail.

Afin de mieux dormir, misez sur des solutions naturelles. Privilégiez un dîner léger, comportant des aliments qui favorisent la production de mélatonine, l’hormone du sommeil. Les spécialistes recommandent d’éviter les viandes et les aliments gras et de privilégier des aliments riches en tryptophanes tels que les produits laitiers ou le riz. Les exercices de relaxation ou de respiration permettent en outre de s’endormir plus rapidement. Assurez vous enfin d’avoir un rythme de sommeil régulier.