Le sommeil paradoxal

Le sommeil paradoxal est l’une des phases qui composent le cycle du sommeil. Il s’agit d’une phase importante : elle représente environ 20% du temps de sommeil total d’un adulte. Le sommeil paradoxal tire son nom de sa particularité : alors que nous dormons profondément, nous montrons certains signes d’éveil. Notre activité cérébrale est particulièrement intense, et c’est la raison pour laquelle rêves et cauchemars surviennent principalement durant les phases de sommeil paradoxal.

Comprendre le sommeil

Les dormeurs peuvent avoir la sensation qu’une fois la tête posée sur l’oreiller, ils dorment d’un sommeil profond et régulier. En réalité, pendant le sommeil, nous enchaînons des cycles comportant différentes phases, certaines comportant même différents stades : on parle d’architecture du sommeil.

Le cycle du sommeil

Au cours d’une nuit de sommeil, un individu adulte enchaîne 4 à 6 cycles de sommeil. Chacun de ses cycles est constitué de différentes phases :

  • Le sommeil lent léger ;
  • Le sommeil lent profond ;
  • Le sommeil paradoxal.

Les stades du sommeil

Le sommeil léger comporte 2 stades :

  • Le stade de sommeil lent léger N1, correspondant à l’endormissement
  • Le stade de sommeil lent léger N2, durant laquelle l’activité cérébrale se modifie pour entrer dans le sommeil profond.

Durant le sommeil léger, le cerveau saisit les stimulations, et le réveil est facile.

Le sommeil profond comporte lui aussi 2 stades :

  • le stade de sommeil lent profond N3, transition entre le sommeil léger et le sommeil profond ;
  • Le stade de sommeil lent profond N4.

Le stade N4 correspond au sommeil très profond, au cours duquel il est très difficile de se réveiller. Il se caractérise par des ondes électriques très lentes et un net ralentissement des fonctions vitales : le rythme cardiaque et la respiration diminuent, la température corporelle s’abaisse et l’activité musculaire est quasiment nulle. Les mouvements oculaires disparaissent, et on parle de sommeil non REM.

Qu’est-ce que le sommeil paradoxal ?

Le sommeil paradoxal – ou sommeil REM – est la dernière phase de chaque cycle de sommeil. S’il est établi que le sommeil paradoxal joue un rôle très important, il conserve toujours un certain nombre de zones d’ombres, et il fait toujours l’objet de recherches scientifiques poussées actuellement.

Définition

Le sommeil paradoxal est aussi appelé sommeil REM – Rapid Eyes Movements. Durant cette phase, en effet, les ondes cérébrales sont rapides. Elles s’accompagnent de mouvements oculaires rapides. Toutes les fonctions vitales sont instables : la respiration, le rythme cardiaque, ainsi que la tension artérielle – ce qui pourrait expliquer que les incidents cardio-vasculaires soient susceptibles de se produire pendant le sommeil.

Le corps présente à la fois des signes d’éveil et des signes de sommeil profond, en particulier l’atonie musculaire. L’activité cérébrale est aussi intense que pendant la journée, durant notre temps d’éveil.

Alors que le sommeil profond permet au corps de rechercher ses batteries, le sommeil paradoxal vous permet de recharger votre mental. Pendant cette phase, vous rêvez, et tous vos muscles sont décontractés, inertes, et paralysés. L’activité cérébrale est quant à elle très intense : les yeux bougent derrière les paupières, et font de rapides mouvements dans tous les sens. C’est la raison pour laquelle on appelle cette phase le sommeil « paradoxal » : le dormeur présente simultanément des signes de sommeil profond, avec ses muscles inertes, et des signes d’éveil, avec ses mouvements oculaires rapides.

Le rôle du sommeil paradoxal

Le sommeil paradoxal est associé au rêve : c’est effectivement durant cette phase que nous rêvons le plus. Bons ou mauvais, ces rêves nous laissent généralement un souvenir. Le sommeil paradoxal permet la récupération émotionnelle, et les rêves pourraient ainsi être la manifestation de nos conflits émotionnels.

Le sommeil paradoxal joue un rôle primordial dans la maturation du système nerveux, en particulier chez les enfants. Il est aussi très important pour la consolidation de la mémoire : durant cette phase, le cerveau procède à un tri, choisissant les informations à assimiler et à stocker, et celles à éliminer.

La durée du sommeil paradoxal

La durée du sommeil paradoxal varie en fonction de différents critères, tels que l’âge ou le temps de sommeil total.

Chez le bébé

Un bébé qui vient au monde a principalement besoin de dormir – jusqu’à 20 heures par jour. Lorsqu’il vient au monde, son train du sommeil se compose simplement de sommeil agité (60%) et de sommeil calme (40%).

Vers l’âge de 3 mois, l’horloge biologique de bébé devient opérationnelle. Les périodes de sommeil se divisent désormais entre sommeil nocturne et siestes au cours de la journée. Il différencie le jour de la nuit, et son train du sommeil se compose désormais de sommeil paradoxal, de sommeil lent léger et de sommeil lent profond. 

Autour de l’âge de 9 mois, le train du sommeil se modifie à nouveau, et l’architecture du train du sommeil de bébé est désormais comparable à celle des grands : sommeil lent léger, sommeil lent profond et sommeil paradoxal en fin de cycle. La durée du sommeil paradoxal diminue aussi, pour composer 20 % de son temps de sommeil total.

Entre 3 et 5 ans, la sieste disparaît. La durée de sommeil n’est plus que de 10 heures par nuit, et elle se stabilise autour de 8 heures par nuit à l’adolescence.

Chez l’adulte

De l’adolescence au troisième âge, la durée du sommeil ne diminue pas beaucoup. En revanche, sa qualité se modifie au fil des années :

  • Le temps de sommeil lent léger augmente ;
  • Le temps de sommeil lent profond diminue.

Le sommeil paradoxal survient quant à lui plus rapidement après l’endormissement.

Quelle est la durée du sommeil paradoxal ?

Un cycle du sommeil dure entre 90 et 120 minutes. Chez l’adulte, le temps de sommeil paradoxal est de 10 à 15 minutes par cycle : il dure une heure par nuit environ.

La durée des phases de sommeil paradoxal varie au cours de la nuit. En début de nuit, les premiers cycles sont principalement constitués de sommeil lent profond. En seconde partie de nuit, les derniers cycles sont en revanche constitués principalement de sommeil lent léger et de sommeil paradoxal.

Les recherches récentes tendent à démontrer que le raccourcissement du temps de sommeil paradoxal serait un signe prédictif de la démence. On constate trop de sommeil paradoxal chez les patients souffrant de manque de sommeil chronique ou de pathologies comme la dépression.

Il est à noter que cette phase survenant en fin de cycle, il n’y a pas de sommeil paradoxal au cours d’une sieste courte (moins de 30 minutes).

Les troubles du sommeil paradoxal

Certains troubles du sommeil sont liés à un sommeil paradoxal perturbé. Les parasomnies désignent une catégorie de troubles du sommeil qui se caractérise par des mouvements et des comportements indésirables pendant que l’on dort. Elles se manifestent principalement chez les personnes ayant un profond besoin de dormir, car elles subissent un manque de sommeil chronique. Des facteurs tels que le stress ou la consommation de substance excitante, d’alcool ou de drogues aggravent considérablement les risques.

Les troubles du comportement en sommeil paradoxal (TCSP)

Les troubles du comportement en sommeil paradoxal se caractérisent par la mise en action d’un rêve. Cela peut se traduire par des mouvements violents, type coups de pied et coups de points, qui peuvent entraîner des blessures pour le sujet comme pour la personne qui dort près de lui.

Statistiquement, les troubles du comportement du sommeil paradoxal touchent davantage les hommes de plus de 50 ans, et ils sont fréquemment associés à l’apnée du sommeil  – il est donc recommandé d’en parler au médecin traitant, en particulier en cas de ronflements.

Les cauchemars

Les cauchemars, des rêves désagréables, voire angoissants, susceptibles de provoquer des réveils nocturnes brusques. Ils surviennent généralement autour de l’âge de 18 mois, et ils sont tout particulièrement effrayants pour les tout-petits, incapables de faire la différence entre images réelles et images oniriques.

S’ils touchent chacun d’entre nous tout au long de la vie, les cauchemars sont plus fréquents en cas de troubles de l’humeur, d’anxiété ou de narcolepsie. Les cauchemars sont considérés comme chroniques lorsqu’ils surviennent plus de 3 fois par semaine et qu’ils nuisent à la qualité du sommeil : on parle alors de maladie des cauchemars, et la prise en charge par un spécialiste s’impose.

La paralysie du sommeil

La paralysie du sommeil se manifeste par des épisodes isolés ou récurrents. Ces crises, qui ne durent généralement que quelques secondes, sont très angoissantes pour le sujet. Ayant la sensation d’être pleinement éveillé, il subit une paralysie motrice, accompagnée souvent d’une sensation d’étouffement et, très souvent, d’hallucinations. Impressionnant, la paralysie du sommeil est toutefois bénigne.

Hypersomnie et sommeil paradoxal

L’hypersomnie idiopathique – ou HI – est une maladie neurologique qui se caractérise par une somnolence excessive au cours de la journée : jusqu’à 10 heures par jour. Elle s’accompagne généralement d’une difficulté à se réveiller le matin, qui se manifeste par de la confusion, de la désorientation ou encore des paroles incohérentes – on parle d’ivresse du sommeil. Les personnes souffrant d’HI présentent une difficulté particulière à entrer dans la période de sommeil paradoxal, ce qui pourrait être lié à une anomalie du système d’éveil. Toutefois, les causes de cette maladie demeurent mal connues.

L’hypersomnie idiopathique est rare : on estime qu’elle touche 0,3% de la population seulement. Cette maladie nuit à la qualité de vie, ce qui aggrave le risque de dépression. En outre, elle peut être associée à l’apnée du sommeil : elle nécessite donc une prise en charge.